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Maxo Mérilus: entrepreneurship, a childhood dream   Maxo Mérilus grew up with his parents who grew vegetables in Kenscoff. Once he became an adult, he took over and modernized his parents’ business. The success of his business has earned him a place among the finalists of the Digicel Entrepreneur of the Year contest.

Publié le 2013-12-20 | Le Nouvelliste


Le Nouvelliste (LN): Tell us about your journey as an entrepreneur. Maxo Mérilus (MM): From a young age, I realized how hard my mother had to work selling and producing vegetables, rising early in the morning to bring their products to the market in Kenscoff. I started my business in 2008 by organizing a vegetable market and explaining my plan to local producers. The following year, I established OPREH as a cooperative of growers and I managed to attract a surprising number of members - 250. Today, OPREH has 500 members who work in and around Kenscoff and they produce carrots, leeks, lettuce, and other vegetables. The organization also has 53 employees who help farmers to plant and harvest their crops and bring them to market. LN: How do you see entrepreneurship in Haiti? MM: I must say, as in any area of life, entrepreneurship has its difficulties. I believe that despite it all, entrepreneurship is the thing that can really help the development of Haiti. The challenges are many, but we must continue to work. LN: What does the Digicel Entrepreneur of the Year contest bring to your business? MM: I want to testify. As a result of the Digicel Entrepreneur of the Year competition, a foreign investor contacted me to see how he can buy some of my products. This goes to show that the contest gave my business more visibility. LN: What advice would you give to young people who would like to become entrepreneurs? MM: Earlier, I talked about the difficulties that exist in the area of entrepreneurship in Haiti. I believe that young entrepreneurs must be prepared to cope with these difficulties. It is important they do not stop working all day. I think that is how they will achieve success. Article by Louis Joseph Olivier Translated from Le Nouvelliste by Stefan Viard.

KENSCOFF


Kenscoff is a commune in the Port-au-Prince Arrondissement, in the Ouest department of Haiti, located in the foothills of the Chaîne de la Selle mountain range, some 10 kilometres to the southeast of the capital city of Port-au-Prince. The altitude is approximately 1500 meters, making the town the highest permanent settlement in the Caribbean. It has a population of around 52,200.

Because of its altitude, the temperature is on average cooler than the capital and during winter months can be chilly relative to the rest of the country. Kenscoff has a subtropical highland climate (Cwb) with monthly temperature averages ranging from 64.2° F in January to 70.5° F in August.[2] This climate borders a tropical savanna climate (Aw).

The town has a weekly market where rural farmers congregate to sell their goods and produce; some farmers traveling great distances on foot to do so.

Kenscoff is the home of the Baptist Haiti Mission, Hospital De Fermathe, the Wynne Farm Ecological Reserve, and the Architectural Association Haiti Visiting School.




Trois journées de deuil national en mémoire des policiers tués à Village de Dieu





Comme une tâche indélébile, une plaie béante, les images des policiers tués vendredi à Village de Dieu par le gang armé ‘’ 5 Segonn ’’ continuent de hanter la population. Les messages de sympathies et de dénonciations se multiplient sur les réseaux sociaux. Après avoir condamné et qualifié d’acte terrorisme la mort de ces policiers, l’exécutif a décrété à partir de ce lundi 15 mars, trois journées de deuil national en leur mémoire.

Georges Renois Vivender, Désilus Wislet, Eugène Stanley, Ariel Poulard ces quatre policiers tués à Village de Dieu dans l’exercice de leur fonction « intègrent le Panthéon de nos vaillants Héros de l'Indépendance », a fait savoir la Présidence dans un communiqué publié dimanche.  

« Suite à la tragédie des policiers tués par des terroristes au Village de Dieu, le Secrétariat général de la Présidence a l'avantage de porter à la connaissance du grand public que le pays observe trois journées de deuil qui commencentà partir du lundi 15 mars jusqu'au mercredi 17 mars 2021, sur toute l’étendue du territoire national, pour saluer la mémoire de ces braves policiers tombés dans l'exercice de leur fonction. Les drapeaux seront mis en berne sur tous les édifices publics », lit-on dans un communiqué de la Présidence.

Dans ce communiqué, le Palais national estime que  « l'ensemble de nos concitoyens doit pouvoir se joindre à cet hommage bien mérité aux policiers Georges Renois Vivender, Désilus Wislet, Eugène Stanley et Ariel Poulard, tués à Village de Dieu. » Il faut souligner qu’une source policière avait confié au Nouvelliste que le policier Lucdor Pierre qui participait aussi à l’opération de vendredi dernier est depuis porté disparu. Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, l’un des chefs du gang de Village de Dieu a fait savoir qu’il prépare des funérailles pour cinq policiers que lui et sa bande armée ont assassiné.

Ces policiers, poursuit le communiqué, « s'étaient engagés dans des opérations visant à rétablir l'ordre, à assurer la sécurité de leurs compatriotes, à  combattre la criminalité et le kidnapping et à protéger les vies et les biens, selon la noble mission confiée à l’nstitution policière par la Constitution du pays. »

« En servant la République, ces policiers sont tombes en Héros, laissant leur famille, leurs enfants, leurs proches, leurs frères d'armes du SWAT, du BOID, de Ia PNH toute entière et la Nation dans l’émoi et la tristesse », a écrit Lyonel Valbrun, secrétaire général de la Présidence.   

La Présidence dit s'incliner devant « leur dépouille mortelle, tout en réconfortant leurs proches et leurs frères d'armes face à la douleur atroce provoquée par cette tragédie. Devant de tels actes où la cruauté et la barbarie n'ont pas d'égal, le Secrétariat Général de la Présidence profite pour encourager les Forces de l'Ordre à se mobiliser, à redoubler d'efforts en vue de traquer les malfrats. En payant de leur vie l'accomplissement de leur mission, ces policiers intègrent le Panthéon de nos vaillants Héros de l'Indépendance. Paix à leur arme. Au nom de la patrie commune », conclut le communiqué.

Emmanuela Douyon, l'activiste qui ne dort pas.

Emmanuela Douyon, l'activiste qui ne dort pasÉconomiste spécialisée en expertise économique de politiques et projets de développement, Emmanuela Douyon est l’un des visages jeunes de la résistance. Cette femme qui se positionne sur l’échiquier politique tire à boulets rouges sur les responsables du scandale PetroCaribe contre lesquels elle demande un procès. Poing levé, regard laser, lipstick rouge, la Petrochallenger crache sa haine de l’injustice sociale, prend position publiquement sur les actes du pouvoir en place aux côtés de ses collègues du regroupement Nou P ap Dòmi, tout en revendiquant de meilleures politiques publiques pour le pays à travers Policité, le think tank qu’elle vient de lancer. 



Le 6 février 2017, quand elle rentre en Haïti après un master effectué à la Sorbonne, en France, Emmanuela Douyon est décidée à servir son pays. Son premier jour de travail au Comité Interministériel d'Aménagement du Territoire (CIAT), le 7 février, coïncide avec la prestation de serment du président Jovenel Moïse. « Alors que je me rendais au travail ce jour-là, je regardais défiler les images de la cérémonie. J’avais le cœur lourd. C’est à ce moment que je me suis demandé dans quoi est-ce que je m’embarquais. J’avais des amis et des professeurs qui m’encourageaient à rester en France pour faire autre chose, peut-être un doctorat... mais moi j’avais soif de retourner en Haïti, car je pensais que c’était la meilleure chose à faire. Ce jour-là, je me rappelle avoir dit que je me donnais ce quinquennat pour faire tout ce que je peux faire pour Haïti. Peut-être que ces paroles n’ont pas été emportées par le vent, ironise-t-elle, parce que je me suis retrouvée à faire de l’activisme, ce qui n’était pas dans mon plan A. Certes, je voulais contribuer au développement du pays, mais c’était à des niveaux techniques. Vraiment je ne pensais pas que je deviendrais activiste », explique Emmanuela Douyon, qui est désormais l’un des visages militants les plus en vue de cette génération.

Petrochallenger de première heure

Lorsque le pays bascule dans le chaos le 6 juillet 2018, elle venait de dispenser ses cours d’économie à l’Université de Port-au-Prince. Comme beaucoup ce jour-là, elle est obligée d’abandonner sa voiture pour prendre la route à pied. « J’ai marché près de deux heures, traversant les barricades et sursautant au vacarme infernal des coups de feu. Par moments, je croyais que je ne regagnerais pas mon domicile vivante. C’était la première fois que je vivais cela de toute ma vie, et pour moi ce qui se passait était grave. C’était le signal qu’il fallait agir. Si je ne faisais rien, il y aurait d’autres 6-7 juillet. La colère et la frustration des gens sont légitimes. C’est nous qui devons nous engager pour faire écho de ces revendications », raconte Emma qui a passé une nuit blanche cette soirée-là.  

En août, un ami l’appelle pour lui demander si cela l’intéresserait de participer à une réunion qu’un groupe de personnes organisent pour réfléchir sur la situation du pays. Elle accepte volontiers. Ainsi débute son aventure avec RADI, Rasanbleman pou Diyite Ayiti. Par ailleurs, quand Gilbert Mirambeau pose avec la pancarte “Kot Kòb Petwo Karibe a” le 14 août 2018, déclenchant ainsi le PetroChallenge, Emmanuela embrasse la cause. « Je me suis dit "enfin" ! Je sentais qu’il y avait comme un réveil au sein de la société haïtienne ». Bien qu’elle ne soit pas la principale figure du PetroChallenge, Emmanuella supporte à 100 % l’initiative, se présentant à tous les sit-in, aux marches et manifestations lancées pour demander que lumière soit faite sur ce fonds de 3,8 milliards qui aurait été dépensé dans des conditions obscures. Quand le 19 janvier 2019, jour de son anniversaire, une fraction des gens qui ont laissé Ayiti Nou Vle A (ANVA) et monté la structure Nou Pap Dòmi, l’invite à suivre une de leur réunion, elle décide d’intégrer la structure. « Quand j’ai vu qu’ils n’avaient que leur bonne volonté ; quand j’ai vu les sacrifices qu’ils consentent et combien ils manquaient de bras pour la lutte, je me suis engagé avec eux », confie celle qui a toujours aimé la politique. 

Entre son travail, les rencontres de Nou p ap dòmi et de Radi, les entrevues dans les médias, les conférences par-ci et par-là, Policité, la jeune femme a des journées pas possibles qu’elle arrive à boucler à grand renfort de café et de boissons énergisantes.  « 2019 a été une année marathon. Je ne pense pas avoir eu deux soirées à moi. Je n’ai pas pris de vacances, ajouté à cela le stress, la peur, l’inquiétude des proches, bref c’était pas donné ! » En effet, sa famille s’inquiète de son engagement politique, particulièrement sa mère, enseignante, femme d’église, modèle d’humilité. « Ma mère le vit très mal. C’est comme si elle me disait « Nan kisa w al rantre tèt ou la a ? ». Vu l’inquiétude que je lui cause, souvent j’évite de l’appeler pour lui parler ou de l'avertir quand je rentre tard le soir », explique Emmanuela Douyon dont le père est décédé en 2011 alors qu’elle étudie à Taïwan. Outre l’inquiétude constante de ses proches, certains amis prennent aussi leurs distances d'elle à cause de ses positions, sans oublier les opportunités qu’elle se voit refuser. Ajoutez aussi une vie sentimentale presque inexistante. Cependant, il en faudra bien plus pour venir à bout de l’obstination de cette ancienne scout. Pour elle, quelque chose doit être fait pour ce pays, et cela doit passer par l’engagement. Le sien, mais aussi celui d’autres jeunes.  

Parcours intéressant

À 30 ans, Emmanuela Douyon s’est bâti un cv très compétitif dont ses parents, tous deux professeurs d’écoles, peuvent être fiers. Aux Cayes où elle grandit, la jeune femme commence à prendre les rangs à l’école kindergarten Marguerite D'Youville, puis fait son primaire à l'École La Providence des Sœurs de la Charité de Ste Hyacinthe. Elle est ensuite admise au Collège Frère Odile Joseph (FIC), la seule école des frère FIC à recevoir des filles.

À 18 ans, elle rentre à Port au-Prince pour ses études universitaires. Elle est lauréate du concours d’admission de l’École Normale Supérieure et est aussi admise à la Faculté des Sciences humaines et la faculté d’Ethnologie. Tandis qu’elle contemple une carrière en psychologie et anthropo-sociologie, Emma décroche une des huit bourses décernées par l’Ambassade de Taïwan (République de Chine), et part donc étudier en août 2009. Là-bas, elle effectue une licence en économie à l’université National Tsing Hua de Taïwan. « Mon cours d’introduction à l’économie m’avait permis d’aimer cette discipline. Aussi, je trouvais que c’était plus pratique pour moi et me permettrait de m’insérer plus facilement sur le marché du travail. », explique celle qui dans le temps co-organisait Fuck-Up nights.

Elle retourne en Haïti en mars 2014, sitôt avoir terminé son cycle d’études, et c’est là que la réalité haïtienne commence à la frapper. « Je ne m’attendais pas à ce que l’insertion professionnelle soit aussi difficile. J’avais vraiment galéré avant de trouver mon premier emploi », révèle-t-elle. Le travail de consultation qu’elle décroche ne lui plaît guère. Elle démissionne un mois après. Le suivant non plus. Si le premier la cantonne beaucoup trop dans la posture d’une assistante administrative qu’elle n’aime pas, le second, où elle est manager d’une usine implantée en Haïti pour produire des chaussures Toms, ne lui convient pas non plus. « Cette dernière expérience m’a permis de découvrir les conditions de travail précaires des ouvriers. Cela ne cadrait pas avec ma vision de la vie. Je ne me sentais pas à l’aise », confie mademoiselle qui démissionne pour intégrer en octobre 2014 le staff du ministère des Affaires étrangères et des Cultes comme attachée à la Direction des affaires économiques et coopération. « Au ministère, j’avais la chance de travailler sur une thématique que j’aimais. Je faisais partie du secrétariat technique qui s’est occupé de l’accord Wallonie-Bruxelle ; je préparais des briefings », raconte-t-elle. Mais cette femme lucide observe aussi les travers de l’administration publique. « Quand on entre dans un bureau de l’administration publique, on comprend bien pourquoi le pays ne peut pas progresser », lâche-t-elle. Emma pointe aussi le sexisme qui y règne. « Quand on est une femme, on doit vraiment se former pour avoir beaucoup plus de légitimité. Souvent on ne veut pas voir les femmes comme des spécialistes », dénonce celle qui se dit foncièrement féministe. 

L’année d’après, elle part en France, et grâce à la bourse Valencia Mongérard Haiti Futur, elle obtient en 2016 un maîtrise en économie appliquée parcours en urbanisme et aménagement de l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée puis en 2017, un master en Études du développement parcours expertise économique de politiques et projets de développement à l’Institut d'études du Développement de la Sorbonne.  

De retour au pays, elle rejoint l’équipe du CIAT le 7 février 2017, puis se rend au National Démocratic Institute (NDI) en novembre 2017. Elle y reste jusqu’en février 2020. « Mon contrat était terminé. Mais je sentais aussi que quelque part mon activisme commençait à poser problème », reconnaît-elle. En pleine crise de Covid-19, sans emploi, elle se dit que c’est le moment de se créer le job idéal. Le moment de lancer Policité, projet qu’elle couvait depuis des lustres. À présent, Emmanuela Douyon se consacre à Policité, un think thank conçu pour impulser la conception et l’implémentation de politiques publiques de développement efficaces centrées sur les citoyens et fournit des consultations à Ensemble pour la corruption. 

Amoureuse de la vie

Quand elle n’est pas happée par ses différentes activités professionnelles, ses engagements d’activiste, Emma Douyon aime bien ralentir le rythme et profiter des petits plaisirs de la vie. Elle écrit. Elle lit un peu de tout ce qui lui tombe sous la main, mais s’entiche de la plume de Lyonel Trouillot ou d’Amartya Sen. Elle est aussi tombée sous le charme de Yuval Noah Harari, l’auteur de "Sapiens". Toutefois, les écrits de l’économiste zambienne Dambisa Felicia Moyo, classée en 2009 dans la liste des personnalités mondiales les plus influentes de Time Magazine, l’ont beaucoup marquée. 

Avec son agenda surbooké, la jeune femme trouve peu de temps pour se pencher sur une relation sentimentale. « L’idée d’avoir quelqu’un dans ma vie m’intéresse. Mais je n’ai pas beaucoup d’occasions pour rencontrer des gens. De plus, on me reproche d’être trop indépendante, à la limite autoritaire. Certains sont même intimidés par mes ambitions ou encore ma taille ! Ça, vraiment, je n’aurais jamais imaginé que ma taille poserait un problème », lance avant de rire aux éclats celle qui fait 1m73. 

Si elle paraît plutôt athlétique, Emma, comme on la surnomme, n’aime pas le sport. Oh, la cuisine non plus, Ne lui demandez pas de cuisiner, elle ne s’y connaît pas. Néanmoins, fiez-vous à son palais. « J’adore manger. Je suis vraiment ce qu’on pourrait appeler une foodie. Quand je voyage, visiter les musées et les restaurants, c’est ce qui m’interesse le plus. J’aime goûter aux plats exotiques. D’ailleurs, une fois il m’est arrivé de faire un trajet d’une heure de train rien que pour goûter une tranche de gâteau », confesse celle qui aime l’art en général, la peinture, la danse. Dans une autre vie, Emma aurait été écrivaine. Elle a voulu faire du journalisme un peu plus jeune, mais en attendant, à coups de tweets, de manifs, de propositions et d’actions, l’économiste espère participer au développement d’Haïti.   



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